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    25/09/2012

    Le solaire français entre dans l'ère de l'autoconsommation


    Les coûts de production de l'électricité photovoltaïque se rapprochant de ceux de l'électricité conventionnelle, les projets d'autoconsommation, indépendants de tout tarif de rachat, se développent. André Joffre, président du pôle de compétitivité DERBI, explique l'émergence de ce nouveau modèle.


    Déçus par la feuille de route publiée en fin de semaine dans la foulée de la Conférence environnementale, les professionnels de la filière l'ont fait savoir par un communiqué de leur syndicat, le SER SOLER.

    En dehors du lancement d'un appel d'offres réservé aux grandes toitures, annoncé par François Hollande lui-même, les « mesures d'urgence » promises il y a quelques semaines par Delphine Batho se limitent pour l'essentiel au plafonnement à 20 % de la baisse annuelle des tarifs de rachat  (les professionnels demandaient 10 % et une revalorisation du tarif pour les installations de moins de 100 kilowatts) et à une bonification de 10 % maximum de ce tarif pour l'intégration au bâti, en fonction de l'origine des composants des panneaux solaires utilisés.

    La compétitivité favorise l'autoconsommation

    André Joffre, qui préside le pôle de compétitivité du Languedoc Roussillon spécialisé dans les énergies renouvelables DERBI, tient un discours plus mesuré. « La feuille de route est conforme à ce qui était attendu. Les annonces ont été moins positives qu'espéré, et les mesures ne porteront pas leurs fruits avant mi-2013, ce qui est tard pour une filière fragilisée », reconnaît-il. « Mais si l'on prend du recul, on constate une évolution du marché vers des projets plus indépendants des tarifs de rachat », assure-t-il. « On entre dans une zone de compétitivité qui favorise le développement de projets d'autoconsommation. »

    Les installateurs établiraient de plus en plus de devis à destination des particuliers comme des petites entreprises, pour des projets dimensionnés en fonction de leurs besoins en énergie. Dès lors, plus de surplus de production à revendre à EDF et plus besoin de tarif de rachat majoré que les professionnels réclamant en vain depuis des années.

    Autre avantage de ce nouveau raisonnement « à l'allemande » : en diminuant les tensions que provoque l'arrivée massive et intermittente d'électricité d'origine renouvelable, les travaux de renforcement du réseau et les investissements deviennent moins nécessaires.

    La filière du photovoltaïque doit changer de modèle économique

    « Toute la profession s'était organisée pour créer de nombreux producteurs d'énergie, mais désormais, la rentabilité de ces projets ne dépasse pas les 5 % », constate André Joffre.  D'où la nécessité de changer de logiciel.

    Le développement de ce nouveau modèle fondé sur l'autoconsommation, qui peut devenir un relais de croissance, doit beaucoup au « dumping chinois qui nous a fait gagner 10 ans », car l'effondrement du prix des panneaux a permis au coût de production de se rapprocher du prix auquel EDF vend son électricité. « N'oublions pas que les panneaux chinois sont fabriqués sur des machines-outils qui, elles proviennent d'Europe », ajoute-t-il.

    Concernant les tarifs de rachat en vigueur, « Il ne faut pas les supprimer, reconnaît André Joffre, mais il y a un réel problème en raison du poids que cela fait peser sur la CSPE (contribution au service public de l'électricité, payée par les consommateurs), à l'heure où le prix de l'électricité augmente. »

    Source : La Tribune

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