07/09/2012

Photovoltaïque : Quand Bruxelles attaque la Chine


L'enquête diligentée par la Commission fait suite à la plainte d'un groupe d'entreprises européennes du secteur solaire, Eu ProSun. Ce groupement reproche à Pékin d'accorder des prêts importants et de prendre des mesures protectrices en faveur de leurs rivales chinoises, leur permettant d'écouler leurs modules à des prix inférieurs aux coûts de production.


"Les sociétés chinoises vendent des panneaux solaires en Europe bien en dessous de leur coût de production, avec une marge de dumping de 60% à 80%", assure ainsi dans un communiqué Milan Nitzschke, président d'EU ProSun.

Si les accusations de dumping contre les fabricants chinois sont vérifiées, Bruxelles pourra imposer des mesures restrictives pendant cinq ans. L'enquête prendra 15 mois, même s'il est possible d'imposer des mécanismes de défense commerciale sous neuf mois, si les preuves sont suffisantes. Une décision sera donc prise au plus tard le 5 décembre 2013.

L'Europe est-elle vraiment pénalisée ?

Depuis quelques années, la Chine s'est lancée à marche forcée dans le photovoltaïque, en y investissant des dizaines de milliards de dollars. Sur les dix plus gros fabricants de panneaux solaires dans le monde, cinq désormais sont Chinois, comme le leader mondial Suntech. En 2011, le pays a ainsi exporté vers l'UE des panneaux solaires et des composants pour environ 21 milliards d'euros. Cela correspond à 60-70% de la production chinoise. De quoi déstabiliser tout un marché. Surtout que l'arrivée de ces nouveaux entrants, en plus de renforcer la concurrence, a fortement pesé sur les prix. Le coût du travail en Chine et la surproduction que cela a entraîné ont conduit à une baisse des prix des modules de l'ordre de 30% chaque année depuis 2007.

On comprend mieux dès lors que de nombreuses entreprises européennes aient été obligées de mettre la clé sous la porte. Selon Eu ProSun, "une vingtaine de fabricants majeurs européens a déjà été contrainte de cesser son activité rien qu'en 2012". Parmi eux, on compte le plus gros acteur européen, l'allemand Q-Cells, qui après avoir frôlé la faillite cet été, a été racheté par le sud-coréen Hanwha. Avant lui, plusieurs grands groupes européens avaient de déposé le bilan ou fermé des usines, comme le norvégien REC ou l'allemand Solon. En France, la reprise de Photowatt par EDF atteste là encore des difficultés du secteur.

Les Européens d'ailleurs ne sont pas les seuls touchés par la violence de la concurrence chinoise. Au printemps, une plainte similaire a été déposée aux Etats-Unis, après que le ministère de l'énergie a estimé que les fabricants chinois avaient bénéficié en 2010 de 30 milliards de dollars de subventions illégales. Washington a donc imposé en mai dernier des droits de douane allant de 31% à 250% sur les panneaux solaires chinois. Pour éviter d'en arriver là, la chancelière allemande Angela Merkel, en visite récemment en Chine, avait pourtant plaidé pour un règlement à l'amiable du différend.

C'est la seule raison qui explique la mauvaise santé du secteur?

Non, la crise bien sûr a énormément pénalisé ce secteur encore très dépendant des subventions publiques. Au début des années 2000, les énergies vertes étaient en plein boom. La plupart des gouvernements avait décidé d'investir massivement sur ce créneau porteur, en s'engageant parfois même sur des objectifs chiffrés. La France, pour ne citer qu'elle, promettait de faire passer la part des renouvelables dans la production énergétique à 23% en 2020. Mais avec la crise, les pouvoirs publics n'ont plus eu les moyens de subventionner les dispositifs qu'ils avaient mis en place. En France, le gouvernement a par exemple prétexté la "bulle des énergies vertes" et l'effet d'aubaine pour les investisseurs, pour encadrer les subventions et diminuer le prix de rachat de l'énergie solaire par EDF.

Source et suite de l'article : L'Expansion

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